Rush au Centre Bell, et Neil Peart quelque part là-haut qui sourit
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Rush au Centre Bell, et Neil Peart quelque part là-haut qui sourit
PHILIPPE RENAUD
Publié à 7h29
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Photo: Cindy Ord Getty Images via Agence France-Presse Geddy Lee, du groupe Rush, lors de la cérémonie des prix Juno, au TD Coliseum de Hamilton, le 29 mars 2026
Le premier des deux concerts au Centre Bell qu’a offert Rush mercredi soir fut savoureux, mais surtout rassurant : cette tournée Fifty Something, la première depuis le décès en 2020 de l’extraordinaire machine à rythmes du groupe, Neil Peart, serait-elle plus qu’un hommage au disparu, au répertoire créé avec et grâce à lui ? Le Rush sans Peart ne serait-il aujourd’hui qu’un groupe hommage au trio original ? Réponses en rafale : oui, oui, et non. À aujourd’hui 73 ans, les survivants Geddy Lee et Alex Lifeson ont prouvé mercredi qu’ils ont encore du gaz dans le réservoir et l’envie de le dépenser.
De chics types, Lee et Lifeson. On le perçoit dans les petites attentions, ces sourires qu’ils s’échangent tout au long de la soirée qui témoignent de leur complicité, intacte depuis les débuts du groupe à Toronto à la fin des années 1960, dans le soin qu’ils ont pris d’échanger quelques mots en français avec le public et celui d’apposer des sous-titres aux segments vidéo préenregistrés, dont cet amusant (quoiqu’un peu long…) court-métrage qui sert d’introduction, farci de références à l’histoire et l’image du groupe.
On le perçoit surtout dans leur volonté de reconnaître, très tôt dans la soirée, que cette tournée sera d’abord un hommage à Neil Peart, rendue possible grâce à celle qui doit chausser ses grands souliers. Tout de suite après l’instrumentale Xanadu (tirée de A Farewell to Kings, 1977), Geddy Lee a salué les fans et présenté la batteuse allemande Anika Nilles, qui s’est avérée beaucoup plus que la troisième roue d’un carrosse prog-rock ayant perdu sa roue avant il y a six ans.
Ferrée en rock classique, recrutée dans l’orchestre de tournée de Jeff Beck, Anika Nilles a fameusement joué la partition de Neil Peart, une partition complexe, s’il fallait le rappeler. Peart, en plus d’être compositeur et principal parolier de Rush, fut célébré pour sa fine maîtrise du rythme rock et des signatures rythmiques sophistiquées du prog et pour ses solos aussi démesurés que l’assemblage de son kit de drum. Sur ces deux derniers aspects, l’Allemande semblait retenue : moins de…
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