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Le Devoir 📰 Le Devoir (independent co-op) 📍 QC Sep 17, 2026 · 6 min read Quick Score ○ Unverifiable View full audit trail → C.R.E.E.D. audited

«Das klagende Lied», pour la rareté

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          ACCUEIL CULTURE MUSIQUE Critique concert «Das klagende Lied», pour la rareté CHRISTOPHE HUSS Publié hier à 10h20 CRITIQUE Ajouter aux sources préférées sur Google Pourquoi faire confiance au Devoir ? Photo: Antoine Saito Das klagende Lied, rare partition de jeunesse de Gustav Mahler, était en vedette pour le concert d’ouverture de l’OSM, mercredi. L’Orchestre symphonique de Montréal ouvrait sa 93ᵉ saison avec Das klagende Lied, rare partition de jeunesse de Gustav Mahler. Le concert valait davantage pour l’exhumation de cette matrice de tant d’œuvres futures que pour un accomplissement interprétatif particulier ou marquant. Achevé fin 1880, Das klagende Lied (chant de plainte, mais aussi d’accusation), drame musical constitué de trois ballades pour solistes, chœur et orchestre — Conte de la forêt (Waldmärchen), Le Ménestrel (Der Spielmann) et Scène de noces (Hochzeitsstück) — est le tour de force d’un compositeur qui a élaboré entre 18 et 20 ans un chef-d’œuvre méconnu, véritable incubateur de nombreuses partitions, tant on reconnaît ici ou là des formules qui reviendront dans les Symphonies n° 1 (dernière section de la 1re ballade), n° 2 (introduction de la 2e partie) ou n° 3. Tectonique Nous avons raconté en détail dans le DMag du 5 septembre l’histoire de cette œuvre. Rappelons que la première partie (Waldmärchen), longtemps écartée par Mahler et miraculeusement réapparue au Canada en 1970, expose les racines de l’intrigue et le génie brut, sauvage, du jeune musicien. Der Spielmann et Hochzeitsstück, entendus dans leurs révisions de 1898, affichent des angles plus arrondis et un pragmatisme de chef d’orchestre aguerri, troquant notamment les enfants solistes pour des voix adultes. L’intérêt du concert résidait dans l’accès à cette féerie noire, pétrie d’imaginaires germaniques : fratricide en sous-bois, flûte taillée dans un os accusateur et effondrement d’un château en pleines noces. Le souffle wagnérien y est omniprésent, du terreau tragique hérité du Ring (malédiction et effondrement d’un monde), aux leitmotive obsessionnels (« la fleur », le cri « Leide, weh ! »). L’expression est épique et fulgurante, les contrastes vifs et certaines interventions chorales ressemblent davantage à des cris de terreur qu’à du chant. C’est au bout de cette expression que Rafael Payare n’a parfois pas osé aller. En lissant Waldmärchen à l’aune des révisions tardives, le chef a désamorcé la violence originelle. À 20 ans, Mahler procède par failles tectoniques,…
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