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Critique concert
Brillante entrée en matière de Yannick Nézet-Séguin
CHRISTOPHE HUSS
Publié à 20h48
CRITIQUE
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Photo: François Goupil Le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin, le 14 juin, lors du concert de fin de saison de l’Orchestre Métropolitain
L’Orchestre Métropolitain entamait sa saison, dimanche, avec des œuvres de Barbara Assiginaak et William Walton, préludant aux fameuses Planètes de Holst. Ces différents univers ont valu aux auditeurs des émotions très fortes.
Le concert s’intitulait « Yannick dirige Les Planètes », ce qui était certes vendeur (la salle était comble en dépit des entraves routières), mais ne rendait pas justice à la prestigieuse visite d’Antoine Tamestit.
On ne dira jamais assez à quel point l’altiste français est le primus inter pares en son domaine. C’est autant une apparition qu’un musicien. Déjà, lorsqu’il joue, on a le sentiment que rien ne peut lui arriver, qu’il n’a jamais fait une fausse note de sa vie. Mais au-delà de cette maîtrise, il y a cette sonorité renversante et tout ce qu’il en tire : à la fois un éventail infini de nuances — des pianissimos impalpables, mais nourris, aux forte charnus — et une formidable palette expressive.
Mélancolie
C’est là que son interprétation du Concerto de Walton s’est révélée précieuse : Tamestit nous a conduits aux confins d’une mélancolie amère et poignante. Pour comprendre celle qui s’exprime dans cette page, il faut connaître l’amertume de Walton, nourrie d’une admiration pour Christabel McLaren, figure de la haute société britannique à qui l’œuvre est dédiée. Le vain désir brûlant, resté platonique et inassouvi, s’est mué en cette expression douce-amère confiée à l’alto, ce qui explique la forme circulaire de la pièce (le début fait écho à la fin, tous les élans n’ayant servi à rien).
Antoine Tamestit a admirablement prolongé cette atmosphère en offrant une transcription de Flow, my tears de John Dowland (1596), avec accompagnement à la harpe.
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