Les analystes politiques devraient-ils rendre des comptes au public?
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Les analystes politiques devraient-ils rendre des comptes au public?
Rafael Jacob, commentateur bien connu au Québec, a mis en place un inventaire de ses prédictions.
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Photo: Photo tirée du site RafaelJacob.com Rafael Jacob, politologue et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand spécialisé dans la politique américaine
SARAH COLLARDEY
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Les analystes et commentateurs politiques sont souvent amenés à prédire des événements, particulièrement dans un contexte d’élections ou de guerre. Ces prédictions ne sont toutefois que rarement réexaminées après coup, ni par les médias qui les ont diffusées ni par les commentateurs eux-mêmes. Un expert tente de remédier à cette impunité en dressant une recension publique de ses prédictions.
« C’est un privilège d’avoir un micro, d’avoir une plume dont on se sert et, après ça, d’être consulté, écouté ou lu par des centaines, des milliers de personnes », affirme Rafael Jacob, politologue et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand spécialisé dans la politique américaine. Pour autant, « ce n’est pas parce qu’on a un micro qu’on peut dire n’importe quoi et ne jamais avoir à rendre de comptes ».
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Selon M. Jacob, qui intervient régulièrement dans les médias québécois, tout « bon analyste » devrait être capable de faire des prédictions. « Ça ne veut pas dire tous les jours, mais il ou elle devrait être capable d’en faire pour démontrer qu’il ou elle comprend le monde qu’il ou elle est appelé à analyser. »
Stewart Prest, professeur au Département de science politique à l’Université de la Colombie-Britannique, n’est pas tout à fait du même avis. « Je pense qu’en réalité, de nombreux analystes ont tout intérêt à ne pas faire de prédictions explicites, car nous ne savons pas vraiment », dit-il. « En science politique, on peut expliquer ce qui motive les tendances que nous observons. Ensuite, pour prédire ce qui va se passer, on peut extrapoler à partir de ces tendances, mais il y a toujours une part d’inconnu. »
Il donne l’exemple de la guerre en Ukraine : de nombreux analystes avaient prédit qu’elle serait de courte durée, « car ils n’avaient aucune idée de la détermination et de l’efficacité des forces…
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