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Essai
«La fable des gagnants»: Plaidoyer pour un impôt sur les grandes fortunes
Dans un essai, les philosophes Patrick Turmel et David Robichaud explorent la question de la taxation des ultrariches.
Publié à 0h00
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au-delà du mérite, la richesse dépend de bien d’autres facteurs, comme la chance, avancent les auteurs de La fable des gagnants.
ALEX FONTAINE
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« On est deux philosophes, on n’est pas des économistes. On n’est pas là pour présenter une politique fiscale particulière. » C’est ainsi que Patrick Turmel, coauteur de La fable des gagnants avec son complice David Robichaud, présente son ouvrage en entrevue au Devoir.
C’est dans cette approche tout sauf académique que réside l’intérêt de l’essai, qui met l’accent sur les raisons (pas uniquement économiques) qui justifient l’imposition des grandes fortunes. Les deux professeurs de philosophie à l’université s’amusent à mêler théories et exemples concrets pour faire naître la réflexion chez le lecteur.
« Ce qui nous intéresse, nous, c’est vraiment d’amener les gens à changer un peu leur regard sur la question de la taxation de la richesse, poursuit Patrick Turmel. Si on reconnaît que les inégalités économiques sont un problème, il faut trouver des solutions. La taxe sur la richesse, ou sur le patrimoine, c’est, pour l’instant, dans le marché des idées, probablement la solution la plus intéressante et la plus faisable. »
David Robichaud renchérit. En abordant l’angle philosophique de la richesse, « ce qui nous intéressait davantage, c’est de faire la lumière sur les raisons morales qui peuvent soutenir une telle taxe, ou qui pourraient peut-être [s’y] opposer ».
Et qu’en est-il, à la lumière de leurs observations ? « On s’est rendu compte que le récit qui est mis en place sur le fait que si vous avez de la richesse, c’est nécessairement que vous avez contribué énormément et donc que vous méritez ce que vous avez obtenu, vient un peu court-circuiter notre sens moral ou notre sens de la justice. »
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