«It Ends»: droit devant vers nulle part
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«It Ends»: droit devant vers nulle part
FRANÇOIS LÉVESQUE
Publié à 0h00
CRITIQUE
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Photo: Entract Films Akira Jackson dans le film d'horreur It Ends, d'Alex Ullom
James, Day, Fisher et Tyler, la toute jeune vingtaine, sont amis de longue date. On les rencontre alors qu’ils montent à bord de la Jeep de Tyler afin d’aller casser la croûte. Cette banale escapade nocturne ne tarde pas à se muer en une angoissante odyssée sur une route qui semble ne mener nulle part. Avec It Ends, Alexander Ullom propose un road-movie aux accents aussi insolites qu’existentialistes.
Dévoilé au festival South by Southwest (SXSW) en 2025, ce film d’horreur à microbudget (80 000 dollars américains) a beaucoup fait jaser, mais a inexplicablement tardé à jouir d’une sortie en salle. Avec le succès phénoménal d’Obsession et de Backrooms (Backrooms. Les arrière-salles), deux autres films d’horreur réalisés par des vingtenaires (Ullom avait 26 ans), peut-être It Ends a-t-il une chance de capter l’attention des cinéphiles friands de ces nouvelles propositions sortant des sentiers battus. D’autant qu’Obsession était aussi doté d’un budget minuscule selon les standards habituels, tandis que Backrooms, avec son dédale de pièces sans issue, partage de nettes similarités avec le film d’Ullom et sa route sans fin.
Laquelle route sans fin est bordée de vastes forêts où errent d’autres malheureux coincés dans ce mystérieux univers parallèle dont la petite bande prend conscience qu’elle est prisonnière.
À ce propos, dans la foulée de la première à SXSW, Jean-Paul Sartre et sa fameuse réplique « L’enfer, c’est les autres », tirée de sa pièce Huis clos, ont souvent été mentionnés, à raison. De fait, la pression ambiante met bientôt à mal la bonne entente.
Il faut dire que ces quatre copains, comme on le découvre dès les premières minutes au gré de conversations d’un naturel trompeur, ont des tempéraments contrastés. À cet égard, Ullom s’avère habile à ramener, en aval, divers éléments et informations ayant paru anodins en amont.
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